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NOTHING IN PARTICULAR

There's nothing here but what here's mine

8 février 2010 (mais plus pour longtemps) | 08 février 2010

Le vide est encore plus vide quand il suit une accalmie. Le saccage silencieux, méthodique et imperceptible, la bataille comme un ballet destructeur pour lequel l'habitude joue le rôle d'entraînement rigoureux. Dislocation entre deux apaisements pétrifiés, ou plutôt apaisement pétrifié entre deux dislocations. Quand ce qui sort de l'ordinaire devient l'ordinaire, une vie au-delà du commun, un sinistre extra-ordinaire.

Qu'est-ce qui ne va pas ? Rien. Justement. C'est rien le problème. Ce n'est pas qu'il n'y ait rien à ne pas aller, mais c'est le rien en lui-même qui interpelle et gêne par sa silencieuse mais inévitable présence. L'absence est parfois plus criante que la présence, et, en réalité, le manque est toujours plus retentissant que la profusion. Il paraît d'ailleurs que la nature a horreur du vide. Il fascine mais épouvante.

Le coeur qui bat en mille morceaux. Chaque battement assourdi et amplifié dans la carcasse. L'euphorie puis l'angoisse. La chimie pour l'oubli. Le bleu te fera dormir et le vert aussi. Mais le bleu nébuleux alors que le vert est de plomb. Doucement écoeurée et enivrée par l'odeur de tabac enchevêtrée dans mes cheveux. Et pendant juste un instant, se sentir dématérialisée, subterfuge provisoire, illusion apaisante.

Pour oublier que demain ça fera un an. Je ne ressens ni colère ni tristesse, ni amertume ni regrets. Je ne ressens plus grand chose en fait. Quelque chose est mort au-dedans, une masse nécrosée pèse en moi. Ce n'est pas la cause le problème, c'est la conséquence, parce qu'elle reste et qu'elle restera, qu'elle est irréversible et douloureusement inoubliable. Ce qui a été perdu ne sera jamais retrouvé.

Si Hypnos pouvait venir accompagné de Léthé.

Publié par Miss-C à 23:57:48 dans Nothing in particular | Commentaires (0) |

"Ferdydurke", Witold Gombrowicz | 02 février 2010

"Réveillé en sursaut, je voulais filer en taxi à la gare, il me semblait que je devais partir, mais à la dernière minute je compris avec douleur qu'il n'y avait en gare aucun train pour moi, qu'aucune heure avait sonné. Je restai couché dans une lueur trouble, mon corps avait une peur insupportable et accablait mon esprit, et mon esprit accablait mon corps et chacune de mes fibres se contractait à la pensée qu'il ne se passerait rien, que rien ne changerait, rien n'arriverait jamais et, quel que soit le projet, il n'en sortirait rien de rien. C'était la crainte du néant, la panique devant le vide, l'inquiétude devant l'inexistence, le recul devant l'irréalité, un cri biologique de toutes mes cellules devant le déchirement, la dispersion, l'éparpillement intérieurs. Peur d'une médiocrité, d'une petitesse honteuse, terreur de la dissolution et de la fragmentation, frayeur devant la violence que je sentais en moi et qui menaçait dehors et le plus grave était que je sentais sur moi, collée à moi, sans cesse, comme la conscience d'une dérision, d'une raillerie, liées à toutes mes particules, d'une moquerie intime lancée par tous les fragments de mon corps et de mon esprit."

Publié par Miss-C à 18:36:20 dans Nothing in particular | Commentaires (0) |

30 janvier 2010 | 30 janvier 2010

Le semestre 2 va être horrible.

Mardi, un de nos profs, constatant notre fatigue, nous a dit "Oh, mais vous êtes tout frais, là, vous verrez en mai !". En soi, cette phrase n'est pas de bon augure, et elle l'est d'autant moins que lorsqu'elle a été prononcée, nous étions tous complètement affalés sur nos table, plongés dans une somnolence plus ou moins désespérée.

D'ici là, il va falloir affronter des semaines de 36 à 41 heures de cours (sans compter les cours manqués du premier semestre qu'on va devoir rattraper), des lundis allant jusqu'à 10 heures de cours (8h-19h, sympa pour commencer la semaine), non plus des 3 exposés mais 7 projets (sachant que le second demande plus de travail que le premier), des cours le samedi matin, et donc des semaines commençant le lundi à 8h et se terminant le samedi à 12h.

Je suis tellement accablée que je ne sais pas comment réagir, d'ailleurs, je suis trop fatiguée pour être capable de réagir, tout simplement. Je ne vais pas avoir le temps de faire quoique ce soit, ça sera un pur rythme "métro, boulot, dodo", encore plus qu'au premier semestre. Je ferais bien de profiter du peu de temps libre que j'ai maintenant, parce que bientôt, il n'y en aura plus, d'ailleurs, il n'y aura même plus assez d'heures dans une journée pour faire tout ce qu'il y aura à faire...

Image : photo perso, devant la gare Saint-Lazare

Publié par Miss-C à 08:35:11 dans Nothing in particular | Commentaires (6) |

Gainsbourg (Vie héroïque), Joann Sfar | 25 janvier 2010

Il y a quelques jours j'ai vu un film, ce qui est notable sachant que ça faisait plusieurs mois que ce n'était pas arrivé, que ce soit à la télé (je n'en ai pas et ça ne m'intéresse pas vraiment) ou au cinéma (pas le temps ces dernières semaines). Mais à la faveur d'un week-end prolongé et d'une invitation, j'ai été voir Gainsbourg (Vie héroïque) de Joann Sfar.

Cela faisait déjà un moment que j'entendais parler de la préparation de ce film et j'étais impatiente d'en voir le résultat. Déjà, un film sur Gainsbourg ne peut que provoquer la curiosité parce que Gainsbourg est quand même un mythe, donc s'attaquer à lui ne peut qu'interroger quand à l'aboutissement. En plus de ça, le réalisateur est Joann Sfar et, sans être une grande fan ni une grande connaisseuse de son travail, j'apprécie ce que j'ai lu de lui, que ce soit le fond ou la forme. Donc un film de Joann Sfar sur Gainsbourg m'intriguait.

Et au final, sans avoir été transcendée, je n'ai pas non plus été déçue. Sfar précise d'avance que ce qu'il propose n'est pas une adaptation biographique, mais un conte, celui d'une "vie héroïque" : on est donc avertis que le film sortira du cadre du biopic. Et d'un côté, ce n'est pas plus mal, parce qu'il y a tellement à dire sur Gainsbourg que faire un film exhaustif est impossible, c'est pour cela que le parti pris du conte est pertinent : il permet d'avoir un angle d'approche qui autorise plus de liberté.

Malgré le choix fait du conte, l'essentiel de l'univers de Gainsbourg est restitué. Il y a certes un petit quelque chose de frustrant dans la mesure où tout n'est pas abordé, il y a des chansons qu'on aimerait entendre et qui n'apparaissent pas, mais le film reste bien quand même. L'univers de Sfar est également reconnaissable, que ce soit le ton ou l'esthétique. Personnellement, j'y ai aussi vu un petit quelque chose du groupe Dionysos, il faut dire que Sfar a collaboré avec le groupe (pour la couverture d'un album du groupe et celle d'un livre du chanteur) et, pour boucler la boucle, le groupe participe à la BO du film et Mathias Malzieu apparaît dans une scène.

Bref, globalement je trouve que Joann Sfar s'en sort bien vu la difficulté du sujet, le film me paraît plutôt fidèle au personnage de Gainsbourg et représentatif de l'univers de Sfar. J'ai donc passé un bon moment devant ce film, qui, sans être absolument exceptionnel, est agréable à regarder.

Publié par Miss-C à 21:07:29 dans Nothing in particular | Commentaires (0) |

I ♥ Paris | 23 janvier 2010

Image : photo perso, l'île de la Cité depuis le Pont des Arts

Il est cinq heures, Paris s'éveille et je me lève. Escapade clandestine, parenthèse dans la routine. Arrivée dans un tableau de Manet, fragment de Louxor à quelques pas de là. Paris tout gris, mais pas sans féerie. Voir Baudelaire, Tzara, Ionesco, Brassaï, Huysmans, Cioran, Saint-Saëns, Gainsbourg, Sartre & Beauvoir. Ville d'Histoire et d'histoire, voyage dans le temps, monde parallèle où l'on croise tous ces lieux et ces noms aperçus en cours ou dans les livres, dans les films ou les chansons. Ville absolue, effervescente et dense, immuable et éternelle, mutante et variable. Tout est plus vibrant et ardent à Paris, tout y bat plus fort, mon coeur y compris. Et de grandes avenues en petites rues, l'impression d'être sur le plateau du Monopoly pour une partie de huit heures. Les dés jetés, la banque vidée, dernière ligne droite rue de la Paix, case d'arrivée gare Saint-Lazare. Fatiguée, mais vivante, ressuscitée. Paris ne se visite pas, Paris se vit.

Publié par Miss-C à 09:54:37 dans Nothing in particular | Commentaires (6) |

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